
Après les premières rangées d’isolation, une évidence s’est imposée : pour que la toiture soit vraiment performante, il fallait aller jusqu’au bout. Assurer la jonction avec les murs, combler chaque recoin, éviter les zones froides.
C’est là qu’est née l’idée des caissons à remplir de ouate de cellulose.



découpes des plaques et pose des caissons
Nous avons choisi une solution assez classique :
quelques plaques de contreplaqué placées verticalement, fixées sur les poutres basses, pour créer des volumes parfaitement fermés prêts à recevoir la ouate.
Côté Est et Ouest, tout se passe comme prévu.
Côté Sud… la poutre est tellement basse qu'on ne peut y passer dessous qu'une main.
On improvise alors : des chutes de fibre de bois compressé glissées par l’arrière feront l’affaire.
Une décision “provisoire” qu’on aurait dû noter.
Le chantier nous le rappellera très vite.
La réception des ballots de cellulose et de la machine d’insufflation a quelque chose d’excitant : une nouvelle étape, une nouvelle matière, une nouvelle énergie.


arrivée de la ouate de cellulose
Première surprise :
pas de scie-cloche dans le kit, contrairement à ce qui avait été annoncé.
On s’adapte.
Avec notre propre matériel, on découpe des cercles du diamètre des tuyaux pour créer les ouvertures. Deux tuyaux mis bout à bout suffisent largement pour atteindre l’intérieur des caissons depuis les Velux.
On se répartit les rôles :
l’un décompacte la ouate et l’introduit dans la cardeuse,
l’autre attend au bout du tuyau… fébrile, collé à l’ouverture.


La cardeuse tourne.
J’entends le bruit.
Je sens le souffle.
Mais aucune fibre ne sort.
Alerte.
On coupe tout.
On tente de comprendre : la ouate est coincée. Décompacter ? Très difficile, tout est fait pour empêcher d’y introduire un outil. Petit à petit, on retire la matière. Et enfin, on aperçoit la cause du problème :
👉 une plaque métallique pliée à 90°, qui masque trois fentes d’arrivée d’air.
En tirant légèrement dessus, elle s’ouvre.
Une fente.
Puis deux.
Puis trois.
Et soudain… tout fonctionne.
J’avais lu la notice trop vite : il fallait commencer avec une petite ouverture, petite vitesse, avant d’augmenter le débit.
Leçon comprise.
Heureusement, personne ne nous paie au rendement : il aura fallu deux heures pour insuffler la première poignée de cellulose.
Une fois la machine prête, l’insufflation commence pour de bon.
Premier caisson : la ouate arrive vite, remplissant la zone Sud-Ouest.
Mais les tuyaux se détachent. Arrêt immédiat. avec un tas répandu en pied de mur.

Quand les tuyaux se détachent, la ouate se répand...
Reprise, et puis un doute : le caisson est-il vraiment plein ?
On crée une deuxième ouverture un peu plus loin.
Verdict : la première zone était loin d’être comblée.
On adopte alors une méthode éprouvée dans le monde de l’écoconstruction :
👉 introduire le tuyau jusqu’au fond du caisson
👉 insuffler
👉 puis le retirer lentement, au fur et à mesure du remplissage
Pour que cela fonctionne, il faut agrandir les ouvertures.
On ajuste. On découpe.
Et cette fois, oui : la cellulose se répartit très bien.
Bouchon n°2.
Puis bouchon n°3.
On retire un des deux tuyaux pour réduire la longueur totale : mieux.


Caissons Est : remplis.
Façade Sud : une dernière ouverture, un dernier souffle… puis un rebond étrange de la ouate.
Ah oui.
Nous avions déjà comblé l’arrière avec la fibre de bois.
Le genre de détail qu’on oublie — et que la cellulose, elle, ne manque pas de rappeler.
Dans le bureau, c’est presque simple :
On commence loin de la fenêtre, on tire le tuyau progressivement, on arrête dès que la résistance augmente.
La densité n’est pas parfaite : la machine louée manque de puissance.
Mais “fait” vaut mieux que “parfait pas fait”.

À la fin de cette étape, un changement subtil se fait sentir :
🌬️ la chaleur ne file plus
🌫️ le bruit de la pluie s’adoucit
🌿 l’espace devient plus serein
Le vivant avance.
Jamais vite.
Toujours juste.
🏡 Cet article fait partie de la série « Chantier vivant », le récit de notre isolation écologique.
📘 À lire avant : Finition autour des fenêtres
📗 Suivre ensuite : Reprise du chantier au niveau habité
Je suis Cécile de Villemeur, amoureuse de la Nature et de l’Humain.
Je crois profondément qu’un monde heureux, florissant et solidaire est possible. Il commence par une reconnexion intelligente et sincère avec le Vivant.
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