
Maintenant que la fibre de bois est posée, on recule d'un pas pour regarder l'ensemble... et le constat est immédiat : impossible d'en rester là. Rondelles blanches bien visibles, angles irréguliers, et discontinuités entre les plaques et les murs... Techniquement, c'est ok. Esthétiquement, non. L'évidence s'impose : il faudra un enduit à la chaux pour protéger et unifier.
Mais le faire nous-même, ou pas ? Notre expérience sur un chantier de maison GREB nous revient en mémoire. L’enduit, ce n’est pas “juste une couche”. C’est du temps, de la technique, de l’endurance, une vraie maîtrise du geste. Cette fois, nous choisissons de passer le relais à des professionnels.
Deux options s'ouvrent alors :
d'un côté, des professionnels de la construction écologique, familiers des matériaux biosourcés - mon choix instinctif ;
de l'autre, des artisans locaux, habitués aux rénovations intérieures plus conventionnelles. Leur devis est plus accessible... mais je doute. Le résultat sera-t-il à la hauteur? les matériaux respectés ?
On tergiverse. Puis on les rencontre. On échange longuement. On pose nos exigences, on parle délais, finitions, intentions.
Et quelque chose bascule : la relation humaine. Je sens l’écoute, la curiosité, l’envie de bien faire.
J’ai aussi l’espoir — peut-être un peu ambitieux — que ce chantier soit pour eux une porte vers des pratiques plus saines, pour leurs corps comme pour ceux de leurs clients.
Le chantier démarre. L'espace se transforme... et pas comme je l'imaginais. Le sol est couvert de polyane - insuffisant face aux trajets et mouvements de matériaux. Cela n'empêche pas la poussière.
Des éclaboussures d’enduit apparaissent, des traces mènent jusqu’à la salle de bain pour l’eau.
Je blêmi. Enfin, tout blanchit : les murs, l'air, les vêtements. Moi aussi, intérieurement.
La boule au ventre s'installe. Que vont devenir les lieux? les outils ? Et puis il y a ce moment un peu rude : constater que certains outils et vêtements seront simplement jetés à la fin du chantier.
Une autre culture du travail, un autre rapport au “reste”.


Une fois l'enduit terminé, les protections retirées, le nettoyage engagé, l'espace réapparaît.
Les poutres retrouvent leur présence. Le sol respire à nouveau.
Bon... notre escabeau, lui, gardera les traces de l'aventure.
Mais le résultat est là : un enduit brut, clair, vivant.
Une continuité enfin lisible.
On se regarde. Un grand sourire se dessine.


Quand chacun apporte sa part - le geste, la matière, l'intention - le chantier cesse d'être une addition de tâches.
Il devient symphonie.
Et si c'était ça, au fond, construire autrement ?
🏡 Cet article fait partie de la série « Chantier vivant », le récit de notre isolation écologique.
Je suis Cécile de Villemeur, amoureuse de la Nature et de l’Humain.
Je crois profondément qu’un monde heureux, florissant et solidaire est possible. Il commence par une reconnexion intelligente et sincère avec le Vivant.
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