
Une fois les combles terminées, direction l’étage inférieur. La toiture se prolonge au-dessus du bureau et de la salle de bain : deux pièces de vie où chaque détail compte.
On se remet au travail avec l’impression agréable que les semaines précédentes nous ont formés… et que cette fois, ce sera plus fluide.
La pose de la laine démarre presque joyeusement — nos gestes sont plus précis, nos hésitations s’évanouissent.



Agrafage de la laine de mouton
Puis reviennent les défis : les plaques de fibre de bois doivent s’emboîter parfaitement. Les languettes doivent entrer dans les rainures… mais impossible de les faire coulisser une fois insérées. Chaque millimètre devient un enjeu.
Pour plaquer la dernière bande contre une poutre, la gymnastique commence : par-dessous ? en rotation ? en biais ?
Certaines languettes ne survivront pas, mais l’essentiel reste la continuité de l’isolation.
Très vite, nous découvrons que les poutres ne sont pas parallèles aux murs — sinon ce ne serait pas drôle.
Nous voilà à calculer des pentes en 3D pour tailler des bandes triangulaires capables de combler les espaces laissés par les manœuvres de pose. La toiture redevient un puzzle géométrique.


Et pour épouser les formes irrégulières du mur, nous nous mettons carrément à sculpter nos plaques. Le chantier devient atelier.



on creuse la plaque pour que la poutre s'y insère...
Le lève-plaque s’avère utile seulement sur quelques rangées : une poutre transversale nous bloque rapidement.
Nous apprenons donc un nouveau ballet : poser la plaque à deux, la maintenir seule quelques secondes, le temps que l’autre attrape la visseuse, puis fixer avant que tout ne s’effondre. C'est là qu'on se souvient que les arrêtes des plaques peuvent être friables...


Sous les placards, un autre dilemme : isoler comme le reste… ou perdre 16 cm de hauteur dans la penderie, au risque de la rendre inutilisable.
Le compromis (bwerk, que je n'aime pas ce mot là !) est adopté : laine + une planche pour coiffer le tout.
De son côté, la douche passe sous les 16 cm de fibre de bois… au millimètre près. Ouf.

Au fil des heures, les morceaux s’ajustent, se taillent, s’emboîtent. Les murs rejoignent la toiture, sans trous, sans ruptures.
La pièce prend forme, se ferme doucement, s’apaise.
La matière nous résiste, mais elle nous enseigne.
Ici, la leçon est simple : on ne modèle pas un lieu à coups de solutions toutes faites.
On observe, on comprend, on adapte.
On accepte que le réel demande parfois d’abandonner les plans parfaits pour des ajustements vivants, précis, ancrés dans la situation.
C’est exactement ce que je fais avec les lieux et les porteurs de projets :
sculpter des solutions qui épousent les formes réelles d’un territoire, plutôt que de lui imposer un modèle.
👋 Envie que je vous accompagne pour révéler un projet cohérent, vivant et adapté à votre territoire ?
🏡 Cet article fait partie de la série « Chantier vivant », le récit de notre isolation écologique.
📘 À lire avant : Les caissons et l'insufflation
📗 Suivre ensuite : L'enduit, où quand chacun apporte sa part, le chantier devient symphonie.
Je suis Cécile de Villemeur, amoureuse de la Nature et de l’Humain.
Je crois profondément qu’un monde heureux, florissant et solidaire est possible. Il commence par une reconnexion intelligente et sincère avec le Vivant.
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